• La mutation de l'angeamoniake en angemoutoniakeJe me suis souvent demandé, comment moi, femme que beaucoup reconnaissent comme femme de goût, intelligente et cultivée, ai pu supporter, même à temps partiel, voire même très partiel, un crétin vieux et laid…

    Quelque fois je m’étonne moi-même. 10 ans, quand même ce n’est pas rien !
    Bon à raison de quelques heures par ci par là, cela fait combien si on calcule tout ça… Hummm… disons 4 heures par semaine: un diner au resto, un retour chez moi, une baise rapide… trajets « bureau-resto-ma tanière » compris, multiplié par disons un forfait de 40 semaines par an (enlevons les congés et quelques aléas) ce qui donne environ 160 heures, divisées par 24 heures ce qui nous donne 6,666666666 jours !
    Oups, déjà le chiffre est troublant, n’est-ce pas celui du malin ?

    J’arrondis donc à 7 jours… Si l’on prend comme base une dizaine d’année, moins les moments où je le quitte parce qu’il me gonfle et que j’ai autre chose à faire, ont arrive à un total d’environ 55 jours… et je pense être même généreuse ! Donc ce qui nous fait une relation de 5,5 jours par an… ce qui ne peut plus porter le nom de relation, mais peut être de collision ponctuelle entre une carpe et un lapin, sans plus.

    Ce qui laisse 360 jours ou presque pour faire ce qui me plait avec qui me plait quand ça me plait… Pas conne cette comptabilité. C’est fou quand même, dès que l’on met tout en chiffres, on comprend.
    Le problème est que, si j’ai profité de ce temps libre une bonne partie de ces années, j’ai complètement oublié de le faire vers la fin. Non pas que je n’ai pas eu d’occasions, au contraire, mais la lassitude m’a tant gagnée que l’envie de la chasse m’a quittée un moment.
    L’angeamoniake est devenu moutoniake en attente de quelque chose dont elle n’avait même pas envie.
    Qu’a-t-il pu bien se passer ? Lavage de cerveau, dénie d’elle-même, dégout des choses, manipulation, fatigue extrême, enlèvement extraterrestre ?
    Voilà pourquoi, un bon matin, des experts se sont penchés sur mon cas, autopsiant rapidement cet ange-mouton, il fallait comprendre pourquoi et comment cette mutation avait pu avoir lieu, pour que jamais elle ne se reproduise.

    L’interrogatoire a débuté en salle 4, 5ème étage de l’immeuble de la Brigade de Répression des changements d’ambition des Anges, amoniake ou pas.

    • L’inspecteur : savez-vous pourquoi vous êtes là ?
    • L’angeamoniake 2011 amusé : heu, non pas trop…
    • L’inspecteur : vous avez assassiné l’angeamoniake en le transformant en angemoutoniake pour une raison totalement incongrue et non reconnue par la société des anges. Qu’avez-vous à dire pour votre défense ? 

    Je baisse la tête, elle dodeline, pourquoi maintenant… tout est rentré dans l’ordre, je suis de retour… c’est avant qu’il fallait qu’il se manifeste cet inspecteur avec ses questions. Et si je me l'a faisait à la bourgeoise tranquille, il me lâcherait bien…

    • L’angeamoniake 2011, d’une voix posée et précieuse : ne pensez-vous pas qu’il y ait prescription, monsieur l’inspecteur je ne comprends pas cet acharnement, je suis là, regardez… encore mieux qu’avant !

    L’inspecteur suspicieux ouvre un gros dossier, et commence à feuilleter…
    Il énonce méthodiquement mes fautes, je suis abasourdie, il est au courant de tout, il égrène mes erreurs avec pointillisme. Les coups portés de ces accusations me laissent pantoise, ma bouche entrouverte a du mal à émettre un son… Je suis fustigée si vertement que je perds de ma superbe et commence à craindre pour un futur.
    C’était donc si grave ce que j’avais failli faire ?
    Oui, j’avoue, j’avais été une buse parfaite en me persuadant plus ou moins que cela ne serait pas trop mal pour moi, une espèce d’enterrement vivant, un grand moment d’égarement… et de solitude ! Mais, l’important c’était de ne pas y avoir cédée, de m’être réveillée et secouée, de retrouver mes plumes soyeuses et quitter cette laine poisseuse enduite d'erreur humaine.

    • L’inspecteur : vous aviez pourtant bien recommencé en 1997, les années d’avant, nous vous avions laissé faire pour cause de couvée et nous avions compris un certain besoin de coller à une demande de schéma familial traditionnel… mais après, nulle obligation. Votre passeport d’angeamoniake ne vous permettait pas de passer à ce statut grotesque, et vous le saviez. Vous avez trahie votre genre ! Vous aviez la curiosité de la sulfure, l’esprit aiguisé et alerte pour naviguer dans tous les milieux, user et abuser des plaisirs de la vie quels qu’ils soient et surtout partager, donner, offrir, apprendre, convertir irrémédiablement certaines vies à l’angeamoniakomanie !
    • L’angemaoniake 2011 expliquant : trahis mon genre ? Il ne faut pas exagérer… même avec le crétin, il y a eu des moments où j’étais bien là quand même, bon en petites touches légères, oui je l’admets c’était plutôt axé après la séance resto, mais faut me comprendre monsieur l’inspecteur, moi je m’ennuyais ferme et faire fonctionner sa boîte à fantasmes après une journée de boulot, un apéro et une demi bouteille de Valpolicella, c’était quelques fois difficile… alors un petit vibro par ci, un peu de gel par là histoire que ça se passe vite et bien et hop au dodo après… J’avais beau essayer d’apprendre les bases, y’avait rien à faire, mauvais il était, têtu et mauvais il restait. Et quand on est toute la semaine, la journée dans le même immeuble, la liberté se restreint et l’horizon se rétrécie amèrement… voilà
    • L’inspecteur : mais vous aviez le potentiel du genre voyons, vous le savez bien puisque vous l’avez reconquis depuis et que vous vous en servez maintenant avec, je dois l'avouer, un certain brio ! Alors que faisons-nous de ces nombreux mois, voire années, où vous avez transformé dramatiquement l’angeamoniake en angemoutoniake… vous ne pouvez échapper à la sanction !
    • L’angemaoniake 2011 : oups ! La sanction ? C’est peut être exagéré là, non ?
    • L’inspecteur : NON, ce n’est pas exagéré
    • L’angemaoniake 2011 : ha… peut-on, négocier ?
    • L’inspecteur compatissant  : cela dépend… on peut passer un accord pour éviter le pire… enfin si les autorités compétentes acceptent…
    • L’angemaoniake 2011 : oui… on peut… je suis certaine que l’on peut… oui les compétentes elles voudront bien… s’il vous plait…
    • L’inspecteur : je vais voir ça, attendez là…

    La pièce n'est pas jolie, je regarde les murs, le plafond, l’éclairage cru, le sol en plastique, la table en métal, je croise et décroise les jambes, d’impatience… (fou rire contenu)… basic instinct !!! La porte s’ouvre…

    • L’inspecteur : Nous vous mettons en chaperonnage, en rééducation… Bel Amant maintiendra le cap et nous rapportera vos progrès ou non. D’ailleurs vous avez déjà bien commencé votre apprentissage avec lui... alors continuez avec application ! 

    L’angeamoniake s'est éveillé, son petit animal Excès commence à en faire de même...

    Bel Amant est là, il sourit, sa voix est chaude, douce, belle... Bonjour chère Courtisane

     


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  • Vous devriez croire à mes « un peu trop », c’était « un peu trop » pour cet instant là 

    Mais vous avez raison, c’était « juste assez »… juste assez pour éveiller l’envie de l’excès, un excès non enlacé depuis un bon moment. L’excès, ce petit animal qui vit au fond de mes entrailles, qui y dort parfois longtemps mais ressurgit toujours à point nommé.
    Maintenant apprivoisé, je l’accueille avec bonheur, ardeur et excitation profonde, mieux je l’appelle, le provoque s’il tarde. J’aime le laisser monter en puissance, pas trop vite, gérer l’état à venir, ne pas le laisser entrevoir, le garder pour moi, en profiter égoïstement pour le plaisir qu’il me donne. Je savoure les visions, détaille les rencontres, jauge le menton levé, viole du regard au hasard des croisements.
    J’aime mon animal Excès parce qu’il fait naître à chaque fois cette part de moi que je ne peux exprimer qu'à un public averti. Peu savent les toutes que je suis et ça me va très bien. 

    A première vue, il y a l’ange ; j’offre du lisse, du doux, de l’ordinaire, du tranquille, du sans aspérité, du fidèle, du robuste, bref en résumé, du grand beau chiant à en crever ! 

    De la mère de famille, de la ménagère que l’on imagine magasiner le samedi matin accroché au bras d’un quidam bedonnant en jogging défraîchi, poussant le charriot, le remplissant méthodiquement, s’égarant dans le rayon lingerie, rêvant de dentelles qu’elle n’achètera pas car jugées vulgaires par celui qui l’accompagne et qui pourtant les soirs de films pornos télévisés, nourrira ses fantasmes de femmes vêtues de rouge, de noir, de cuir et de résille pour mieux l’honorer d’un missionnaire mou, flasque, sans saveur, l’orgasme simulé la libérant d’un devoir assumé. 

    Portrait peu flatteur n'est-ce-pas, reflet d'une vie, de celui qui imagine pire qu’il n’a pour se rassurer, se conforter de ses petits choix écœurants, portant haut la bannière des divines convenances, oubliant volontairement ou non sa moitié d’orange, celle qui se tait, celle qui voit, celle qui admet, celle qui accepte, embourbée dans son pavillon, trois enfants, une voiture, un crédit et qui ne trouvera que la facilité de rester, parce que c’est ordinaire. 

    Mais accolé à l’ange, il y a l’amoniake, ce parfum si dérangeant !Le réveil de mon petit animal "Excès"
    Les deux forment un mélange incongru, hétérogène ; c’est un nom de baptême, offert il y a bien longtemps par un observateur émérite, testeur de qualité ; mariage de candeur, causticité, pudeur, provocation, abstinence, fornication, assujettissement, obédience, que sais-je encore… tout et son contraire. 

    Alors mon bel Amant, à votre avis, qui de nous deux serait le plus ruffian ? 

    Vous qui m’ouvrirez grand les cuisses jugeant de la flexibilité de mes jointures, m'investirez de votre braquemart avec force, si belle et douce punition agrémentée des privations de la plus élémentaire affection ou jolie tendresse, ou moi provoquant savamment cet état, l’appelant, désirant bestialement votre force mâle dominatrice pour ressusciter et jouir par vous, contre vous, avec vous, m’offrant en catin perverse, soumise et consentante, rassasiant temporairement mon petit animal Excès dans l’impétuosité de vos instincts de rustre.
    A ruffian, ruffian à demi mon très cher Amant...

    A débattre… verbalement, oralement, charnellement…
    Choisissez le lieu, la date et l’heure Monsieur, je vous défie d’une gifle de mitaine soyeuse ! 


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  • Cest parce qu'il fallait bien un jour un début,
    qu'il va me falloir commencer par une faim...

     

    Je suis née le 28 août 1959, demain je fais encore un pas...

     

     

     

    Lettre privée

    A Bel Amant

     

     


     

    De l'index délicat, rassure et côtoie un indicible mouvement de toi, 

    Engendre l'agacement, la faveur d'une renaissance, d'un sens oublié.

    Ostensiblement s'épanche, bouche bée, un long murmure de moi,

    Succombant dans le silence de la frustration de mon envie dédiée.

     

    Doux frôlement de peau, caresse subliminale s'évaporant de toi,

    Je réchauffe patiemment, doucement, tous tes pôles désorientés.

    Sérieusement, j'observe l'indiscrétion, en foudroie l'image de moi,

    Torturant furtivement l'obscure spasme de ce bonheur passager.

     

    De papilles insatiables, goûte l'hydromel de vit émanant de toi,

    Emplit, désaltère, inonde ma gorge de sa tendre saveur sucrée.

    Délicieux prémices incertains et fugaces d'une jouissance de moi,

    Contentement ultime d'un après-midi consacré au doux plaisir privé.

     

     

     


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